• Zéro seize

    Tic tac. Tic tac.

    Minuit.

    Tic tac.

    Zéro un.

    Zéro deux.

    Il ne savait plus s'il luttait contre le sommeil ou l'insomnie. Sa tête en arrière, contre le mur dur et lisse, ses pieds, immobiles depuis presque deux heures, douloureux. Ses jambes, tendues mais penchées, tellement engourdies qu'il ne les sentait plus. Ses mains désormais entrouvertes , un long objet métallique équilibré dessus. Ses yeux, aveuglés par la luminosité artificiellement intense de la nuit.

    On avait parlé d'une urgence. On a dû remplacer les robots par lui ainsi que ses camarades répandus dans les alentours qu'il ne voyait pas, n'entendait pas, ne sentait pas. Il n'entendait rien, ne sentait rien, ne voyait rien sauf la lumière aveuglante qui le forçait à presque fermer les yeux.

    Zéro quatre.

    Bruits de pas. Tap tap. Les vibrations du sol qui s'intensifient. Les bruits de pas qui résonnaient de plus en plus. Se doublaient.

    Tic tac.

    Sa respiration s'ajusta au bruit des pas. Il sembla trouver le sommeil lorsque son corps chauffait. Les bruits de pas se rapprochaient.

    Un silhouette familière, les oreilles sortant de la capuche, l'allure détendue, le dos droit.

    Une silhouette étrangère, grande, les bras crispés, les jambes raides.

    - Je ne vois pas pourquoi tu résistes encore, n'en a tu pas marre de jouer ?

    - Tu est peut être fort avec tes robots et tes esclaves, mais tu n'est pas immortel.

    Tic tac.

    Zéro sept.

    - Je vais montrer comment je ne peux pas lâcher, c'est pourquoi je joue encore.

    - Tu ne me comprendras jamais, mais je peux t'assurer que tu ne me battras pas. Joue à attraper les étoiles, mais quel gain as tu ?

    - Ce n'est pas question d'un gain. Aller en avant est un choix, regarder en arrière est un péché.

    Tic tac.

    Zéro dix.

    - Comme tu le dis, aller en avant est un choix. Mais regarder en arrière prend du courage. Abandonne et apprends ta place. J'admets que tu es plus forte que certains, malgré tout tu es impuissante dans ce monde.

    Tic tac.

    Zéro onze.

    - Peu importe, je ne lâcherai pas.

    Crack.

    - Je ne peux pas lâcher.

    Bang.

    Ses paupières se soulevèrent brusquement. Il vit du rouge. Du sang. Du sang vif et aveuglant, éclairé par la lumière artificielle.

    Clung.

    Sa tête se redressa, puis son dos.

    Tic tac.

    Zéro douze.

    Le besoin de sommeil l'avait quitté.

    Il voyait des morts.

    On lui avait promis que le moins de personnes possible mourraient. On lui avait promis qu'il y aurait la paix. A lui et tous ceux désormais cadavres.

    Tic tac.

    Crack.

    Zéro quatorze.

    Mais là se déroulait un bain de sang. Rouge, rouge, rouge, violet.

    Il agrippa son arme. Il se mit tout droit, les yeux fixant droit devant. Il fit trois pas réguliers, décidés, déterminé.

    Tic tac.

    Bang.

    Noir.

    Zéro quinze.


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